World War Z

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Alors que l’on vous en parle depuis des mois, World War Z a débarqué aujourd’hui dans nos salles de cinéma. Depuis l’annonce de l’adaptation du roman éponyme de Max Brooks, le film n’avait cessé de faire parler de lui, entre le rachat des droits par la boîte de production de Brad Pitt, les nombreux retards liés à la réécriture de la fin, les dépassements de budget, les problèmes avec la censure chinoise, les inquiétudes des fans du roman original et surtout la communication folle autour du projet. Il ne passait pas une semaine sans que l’on entende parler de World War Z. Aujourd’hui, nous avons enfin pu découvrir le film.

Brisons tout de suite le cou aux éventuelles critiques qui se limiteraient à analyser le film en le comparant avec le livre. Nous savons depuis des mois, dès la sortie des premières images et la publication du pitch officiel en fait, que World War Z n’aurait rien à voir, si ce n’est le titre, avec le livre de Max Brooks. Nous avons donc pris le parti de critiquer le film en laissant toute notre considération pour l’oeuvre fantastique de Max Brooks derrière nous. Nous sommes donc allés voir World War Z débarrassé de toute préconception, pour découvrir le film en tant que tel.

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Alors que Gerry, sa femme et ses feux filles sont pris au piège dans un embouteillage en plein coeur de Philadelphie, la situation tourne rapidement au cauchemar. Les accidents se multiplient, la panique s’empare de la ville et un flot de créatures assoiffées de sang déferle dans les rues. La police et l’armée sont vite débordés et Gerry parvient à mettre de justesse sa famille en sécurité. En tant qu’ancien enquêteur des Nations Unies, il se voit alors confier la mission de trouver une solution à ce fléau qui ravage toute la surface de la Terre. Il part alors sur la piste du mystérieux patient zéro. Son enquête l’enverra aux quatre coins du monde – de la Corée du Sud au Pays de Galles en passant par Israël – avec l’espoir de récolter suffisamment d’informations afin de sauver le monde de cette effroyable pandémie.

Tout commence alors qu’on nous présente la famille parfaite de Gerry. Ses filles sont sages et obéissantes, il prépare des pancakes et sa femme n’a d’yeux que pour lui. Le petit déjeuner terminé, on retrouve tout se beau petit monde en train de jouer aux devinettes dans leur voiture bloquée en plein milieu d’un embouteillage à Philadelphie. C’est à ce moment là que tout bascule, un peu comme dans L’armée des morts lorsque la petite fille attaque ses parents à leur réveil. Sauf qu’on est en plein Philadelphie. Le côté mielleux de ces quelques minutes d’introduction disparaît alors totalement : une scène monumentale de panique vient de débuter.
Pour mieux souligner la transition et accroître le sentiment d’immersion auprès des personnages, le réalisateur Marc Forster change catégoriquement de manière de filmer, délaisse les plans plutôt posés, au profit d’une caméra au poing parfois assez brouillonne. On assiste alors, à l’arrivée des premiers zombies qui, tels des bêtes féroces, bondissent sur leurs victimes. De multiples plans aériens viennent accentuer le sentiment d’oppression, le flot de zombie bloquant rapidement toutes les issues. L’’intensité de cette longue scène atteint alors son apogée lorsque Brad Pitt se jette réellement dans l’action et que les carambolages se multiplient. Comme on pouvait s’y atteindre, son personnage s’avère plein de ressources en plus d’être un bon père de famille. Le prototype même du héros d’un blockbuster de l’été.

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On entre alors dans une phase très survivaliste du film qui multiplie les détails qui trouveront un écho chez tout amateur de zombies. Ainsi alors que Gerry doit emmener sa famille à un point d’extradition par hélicoptère, World War Z nous confronte aux conséquences immédiates de l’apocalypse. Partout, les habitants et même les officiers de police, se livrent au pillage. Les supermarchés sont dévalisés, des hommes laissent parler leurs pulsions sexuelles. Gerry et sa famille doivent leur survie à des immigrés mexicains qui les accueillent dans leur appartement. Le spectateur est alors ravi de voir les personnages agir de manière logique : Gerry s’entoure les avants-bras avec des magazine, se construit une lance avec un couteau, du ruban adhésif et un manche quelconque.

Lorsque Gerry, après avoir été secouru, est envoyé en mission pour trouver des informations sur le virus aux côtés d’un jeune scientifique, le film commence alors à nous révéler un patchwork de passages durant lesquels Gerry est confronté aux zombies dans divers pays. Le fil conducteur – trouver le patient zéro – devient alors une simple excuse pour enchaîner les scènes d’actions réussies et oppressantes.

World war Z

Après une petite pirouette scénaristique assez navrante pour mettre le personnage de Brad Pitt en vedette, on le retrouve successivement en Corée du Sud, en Isräël et au Pays de Galles. C’est alors que le budget de 190 million de $, nous dévoile toutes ses promesses. Fort d’un tel budget, les effets sont impressionnants, à l’image de la scène du début à Philaldelphie, et le nombre de zombies assez incroyable. Le passage en Israël et le crash de l’avion envahi par les zombies restent de loin les moments les plus forts du film avec une vraie présence de ces zombies, vifs comme l’éclair et enragés. Des zombies à la 28 jours plus tard piqués aux stéroïdes. A ce titre, le scénario utilise habilement et à maintes reprises, la vivacité démente des zombies et le fait qu’ils soient attirés par le bruit. Cela mène à des scènes vives et mouvementées comme l’invasion de Jérusalem, dont les murailles sont franchies par un flot invraisemblable de zombies, ou au contraire à des passages ou le silence devient vital pour les héros comme lorsque Gerry doit pénétrer dans un laboratoire infesté de zombies. Cette alternance entre scènes oppressantes et de pure action constitue ainsi la trame du film et ne laisse pas le temps au spectateur de s’ennuyer une seule seconde tout en le tenant en haleine.

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Ces scènes intenses sont toutefois régulièrement coupées (ça permet au spectateur de respirer) par la sous-intrigue liée à la famille de Gerry réfugiée sur un navire. Reliés par un téléphone par satellite, Gerry entre ainsi régulièrement en contact avec sa famille. Tous ces bons sentiments sont un peu pesants à la longue d’autant que la famille de Gerry apparaît au final dispensable pour l’histoire à l’instar de beaucoup des personnages secondaires. Mais il fallait bien une petite touche famille dans un blockbuster presque tous publics.

En ce qui concerne la classification PG13 (interdit au moins de 12 ans en France), on aurait pu croire qu’elle aurait un impact dramatique sur le film, le vidant du côté violent propre à une invasion zombie d’une telle ampleur, mais le résultat s’avère convaincant. Le film reste très propre tout du long avec une multiplication, un peu pénible certes, des passages hors champs mais n’exaspère pas, tant on a l’impression qu’il n’y a que très peu de retenue de la part du réalisateur.

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On regrettera malgré tout une 3D vraiment inutile (pour changer me direz-vous), tout juste bonne à vous faire payer un peu plus cher votre billet de cinéma, l’ellipse vraiment choquante qui précède la fin – Gerry passe en un changement d’image d’isolé au Pays de Galles, aux rives de la Nouvelle-Écosse au Canada (c’est facile de survivre avec un téléporteur…) – et enfin le happy end qui tombe vraiment à l’eau avec son esprit moralisateur. Et dire qu’ils avaient une fin encore plus pourrie au départ.

Bien que les points communs avec l’oeuvre dont le film est tiré se comptent sur les doigts d’une main, World War Z remporte haut la main le pari du divertissement et s’avère un film techniquement et visuellement de très bonne facture. Que pouvait-on demander de plus à un blockbuster zombie ?

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11 commentaires

  1. Comtesse_Tateyre dit :

    Bien, je suis convaincue, si j’ai l’occasion, j’irai le voir. J’aime bien la phrase “Des zombies à la 28 jours plus tard piqués aux stéroïdes.”, ça pique ma curiosité (on a déjà eu un petit aperçu dans les bandes annonces, mais bon).

  2. Arvern dit :

    Vu.
    Et franchement déçu.
    Il y a de très bons acteurs et des gros moyens. Mais le scénario….. A part 2 ou 3 bonnes idées (je ne vais pas spoiler) le reste n’est pas terrible.
    Et aussi, niveau peur j’avais vachement plus les chocottes en regardant l’armée des morts, 28 jours plus tard, ou certains épisodes de the walking dead. Ici bha on voit des zombies et puis bof c’est tout. Rien de bien flippant dans tout ça.
    Alors je ne sais pas ce qu’il manque.
    En tout cas il y a pas mal de situations rocambolesque et le héros se tire de situation hyper rocambolesque on n’est pas loin de James Bond par moment. (voir l’atterrisage en Angleterre)
    Heureusement, j’ai le bouquin. Je pense que je m’éclaterais plus avec celui ci.

    1. Squeletor dit :

      Le film n’est clairement pas fait pour faire peur ou même sursauter, mais j’ai trouvé pas mal de situations assez prenantes. C’est un film qu’on regarde en étant vraiment dedans. Niveau scénario, ça reste un blockbuster, il ne font que rarement dans la finesse. On savait déjà qu’on aurait Brad qui sauverait le monde et qui aimerait très fort sa famille. J’en attendais pas plus.

      Le livre, n’a rien à voir, donc si tu ne l’as pas lu, attends toi à quelque chose de bien différent : intelligent, construit et encore plus prenant.

  3. kaloup75 dit :

    salut à tous,
    comme je l’avais déjà dit, faut pas hésiter à y aller, car à part la scène de départ à Philadelphie où je trouve la chronique très/trop gentille en parlant de “caméra au poing parfois assez brouillonne” alors que je dirais assez gerbiesque et empêchant de bien voir ce qui se passe, le reste du film est très sympa. Je ne suis pas d’accord sur “l’inutilité” de la famille de Brad/Gerry. Je trouve que le chantage envers sa famille et surtout son renvoi quand elle n’est plus utile est excellente et montre bine que la morale bien-pensante durant une crise majeure est remisée au placard.
    Par contre, la fin où ils trouvent THE SOLUTION est tout simplement débile, et irréaliste. En dehors du fait que Brad/Gerry trouve la solution en voyant juste deux pauvres gars durant des attaques de zonzons, il invente une nouvelle théorie scientifique comme quoi un virus sent quelque chose ou émet des ondes. Bref, c’est une fin à la indépendance day qui gâche un peu ce film qui est, en dehors de ça très bon!
    Pourquoi gâchent-ils toujours la fin??

  4. gothax dit :

    Pour te répondre … car les blockbuster américain sont tous formatés de la même façon. Tu ne voudrais pas décevoir, mon cher kaloup, le jeune garçon américain obèse et patriote ? Hein ?
    Désolé je m’égare …

    Malheureusement pour ce film j’ai suivi tous ses déboires. J’ai digéré toutes les critiques aussi et je pense ne pas aller le voir car pour moi les producteurs/réalisateurs auraient du faire avec ce titre (puisqu’on ne doit pas parler d’adaptation du livre) une adaptation plus sombre de l’humanité, de la militarisation, de la politique… J’attendrais donc sur mon canapé en me goinfrant pour devenir obèse et… hihi

  5. exii dit :

    Franchement le film et plutôt bien construit juste déçu par une fin “trop rapide” on sait qu’une suite va être fait mais avec cette fin bof a voir se que ça donne, dans l’ensemble un bon film mais une fin qui a subi les problèmes du a l’incertitude d’une suite et de la réécriture.

  6. Al3x3Hunter dit :

    je le téléchargerai éventuellement histoire de passer le temps et de me faire un avis définitif dessus, mais je m’attends vraiment pas à grand chose, comme le dit gothax, un blockbuster c’est un blockbuster, pourquoi Hollywood changerait la recette de ses films? Toujours la même construction, pour toujours le même résultat, pour toujours autant de pognon, rien que pour ça je ne regarde plus ce genre de films sortit des usines californiennes, si vous voulez un cinéma plus intéressant, avec des sujets originaux et des films méchamment bien fait il faut se tourner vers la Corée du Sud dont le cinéma n’a rien à envier à Hollywood 😉

  7. Matthias Gardon dit :

    Cher Squeletor,

    Souffres tu d’un trouble dissociatif de l’identité? Si je te demande cela c’est car j’ai eu un moment de vertige puis de nausée en lisant ton article. Ou est le Squeletor qui relève les incohérences scénaristiques?( rendez-le nous!) Comme dans tes critiques de TWD par exemple. Vertige dû au survol que tu fais du film sans jamais te poser une seconde sur une vrai incohérence et nausée dû au fait que tu ais vendu ton âme ! Sinon plus sérieusement, le concept de film de zombie familial c’est inepte pourquoi pas dans ce cas un film pornographique pour les nourrisson (dans le quel aucun acte sexuel ne serait perpétré bien sur ) ou une version de Scooby-Doo pour les gens du troisième âge mais avec en guest star l’inspecteur Derrick (toujours sous Prozac évidement). Mis à part les zombies qui mordillent, la starification a outrance de la blondasse qui sert de héros au film ( mais v’la le boulet si on est un peu attentif), l’absence de personnages secondaires ( oui a part Brad les autres sont tous des figurants), les clichés qui se suivent les non sens évidents, les effets spéciaux en pâte à modelé, les performances fadasses des acteurs, le placement de produit …. ouais le rythme est agréable même si il ne fait pas un bon film. Bref à regarder une fois car la deuxième fois pourrait bien être celle de trop.
    Si vous cherchez de bonnes critiques sur ce film je vous conseille ces deux liens :

    http://blog.francetvinfo.fr/actu-cine/2013/07/20/les-1001-aberrations-de-scenario-de-world-war-z.html

    http://www.nioutaik.fr/index.php/2013/07/19/651-world-war-z-la-critique-pourrie

    Le premier lien contient le spoil de plusieurs scènes qui se suivent (sous une forme très originale) , le second spoil absolument tout le film sur un ton décalé (parfois excessif et un peu limite) assez drôle.
    N.B. : Squeletor si tu peut glisser à tes employeurs hollywoodiens que je suis a vendre aussi leur prix seras le mien *-)

    1. Squeletor dit :

      Malheureusement Matthias même si j’avais gagné un euro par personne qui avait lu cet article, je ne serais pas allé bien loin. Je me serais peut-être payé une nuit dans un Formule 1 à Roubaix* peut-être 🙂 (* Squeletor s’excuse s’il a pu offenser par cette remarque ô combien déplacée les habitants du nord).

      Blague à part, je trouve ta critique de ma critique très sensée et très juste. Car, comme tu le dis, pour l’écrire, j’ai du me dédoubler. J’ai en effet fait le choix très clair d’aborder ce film comme une personne lambda, pas comme le passionné de culture zombie que je suis, mais comme quelqu’un a la recherche de divertissement pour la simple raison que pour moi un blockbuster zombie : ça n’a pas vraiment de sens. Pire, a force de suivre l’actualité du film, j’avais une bonne idée de ce que j’allais trouver et je ne trouvais pas ça très utile de dire : c’est un film de zombie pourri qui cache un film catastrophe avec Brad Pitt en vedette et du placement de produits. Pour moi, ceci était un acquis. Car, il faut voir les choses en face. Ils ne visaient pas les gens qui aiment vraiment les zombies avec ce film mais un large public.

      Donc je sais que certains attendaient de moi une critique acide (que j’aurais pu faire), mais j’ai fait ce choix en pesant le pour et le contre. Dans tous les cas, je t’invite à lire notre bilan de l’année 2013 et tu verras bien que pour moi, les bons films de cette année se cachent dans le DTDVD 😉 et pas dans ce fameux WWZ.

      1. Matthias Gardon dit :

        Je ne peux qu’apprécier ta réponse qui est celle que j’attendais. Quand au film il raviras au moins les zombophiles hématophobes, a la fois fan des films qui mélangent l’action irréfléchie et des films de catastrophes… faut de tout pour faire un monde y parait . En tout cas j’espère que tes employeurs hollywoodiens ne verrons pas cet échange, non pas que je craigne que tu perdes ta commission, mais plutôt parce que si ils le voient je ne serais pas embauché :s
        Je suis ce site article par article et si tu ne me vois pas commenter c’est parce que j’ai peu de choses a dire vu la qualité générale du site … et puis on a tous le droit d’avoir un coup de mou *-)
        En tout cas merci à toi et a tes collaborateurs pour le travail que vous fournissez pour nous feignasses insatisfaites qui ne faisons qu’en profiter 🙂

  8. xvid974 dit :

    Après avoir vu le film, je ne sais toujours pas si c’est un navet ou une réussite. Je me pose encore la question de savoir si j’ai aimé ou si j’ai détesté. Il y a de mauvaises choses : le mort ridicule du scientifique pour mettre en valeur le personnage de Pitt, le faite que la famille soit attachée par une corde lors de la fuite de l’immeuble (ils font comment pour s’enfuir si l’un d’eux se fait chopper!!), la famille dont on se fout totalement. Mais il y a de bonnes choses: les effets spéciaux réussi, des contaminations à grande échelle (un fantasme) et un budget de près de 200 millions de dollars pour un film de zombie! Et enfin, fini l’hypocrisie dans ce genre de production qui consistait à ne jamais appeler un zombie “un zombie”. Ici, on parle de “zombie”!
    Et je pense que le blockbuster peut être associé au genre. Donne 200 millions de dollar à Boyle pour 28 mois plus tard! Je suis certain que le résultat serait à la hauteur de nos expérience.

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