Territoire, soutenez les zombies du Béarn de Vincent Paronnaud (Winshluss)

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Souvent chez MZC nous vous présentons des projets qui font appel aux internautes pour se financer. Aujourd’hui c’est le cas de Territoire, un court-métrage de Vincent Paronnaud (aKa Winshluss). Si ce nom vous dit quelque chose, c’est sans doute car vous avez vu son bijou – Persepolis, qu’il a co-réalisé, ou encore Villemolle 81, son premier film de zombies.

46fc6c85458d51869cd975267b9f6169Nous ne sommes donc clairement pas en présence de débutants, et nous pourrions même nous interroger sur la réelle nécessité de financement pour l’équipe… Mais c’était sans compter sur la nature (vous savez, le truc qui fait que quand on se baigne on peut se faire manger par un requin, ou qu’à la montagne il y a des avalanches emportant votre petit cousin ignorant) qui a fait des siennes pendant le tournage, endommageant le matériel à grands coups de pluie, et envoyant même des vautours attaquer l’équipe.

En attendant que le gouvernement autorise les abattages systématiques de toute nature s’approchant d’un humain, Kidam Production et  Ferraille ont donc décidé de lancer une campagne Ulule pour trouver quelques piécettes.

Mais de quoi parle le court-métrage ?

Il raconte l’histoire d’un berger du Béarn (dans les Pyrénées pour les plus parisiens ignares d’entre vous) en 1957 qui, alors qu’il surveille tranquillou son troupeau et ses pâturages, voit débarquer des parachutistes de l’armée ayant décidé de s’entraîner dans ses montagnes.

Le réalisateur souhaite ainsi faire de ce film un laboratoire, à mi chemin entre le western et le film de zombies, qui sort le film d’action de ses frontières typiquement urbaine. Ici pas de gros fusils ou d’idiotes sorties en 4×4 pour looter les environs… Juste un mec solitaire comme chez Sergio Leone, une jeune fille perdue et une ambiance de France profonde au début de la guerre d’Algérie.

Voilà d’ailleurs la démarche de Winshluss expliquée par lui-même :

« Le scénario se base sur un certain nombre d’archétypes empruntés à la fois au western et au film de zombies. On pourrait facilement parler de cross over, car l’écriture opère dans ce projet la confrontation et l’association de deux univers distincts mais assez proches par l’esprit.

Deux personnages principaux / deux archétypes : d’un côté, un berger solitaire et mutique, homme énigmatique évoquant la figure de Clint Eastwood dans les films de Sergio Leone. De l’autre, une jeune femme exposée et sans défense, luttant pour sa survie.

À l’instar de ce dernier personnage, l’idée des expérimentations militaires tournant mal vient tout droit du film de zombies et joue sur le modèle basique de la structure humaine qui déraille.

Le fait de situer le film au début de ce qu’on appelait à l’époque les « événements » d’Algérie n’est évidemment pas innocent. Ce conflit m’intéresse tout particulièrement parce qu’il est spécifique à la France et proche de nous dans le temps. Il permet d’ancrer le film dans une réalité historique sombre qui nous appartient.

Mon travail est parcouru par la question de la violence qui semble habiter l’humain. Je souhaite continuer, avec Le Territoire, à questionner ce qui fait que l’homme puisse basculer avec grande facilité dans la barbarie. Et le film de genre, dont le principe même est d’interroger la société, me semble pouvoir porter de façon à la fois profonde et efficace ces réflexions sur la nature humaine. »

Les bergers sont des hipsters

Les bergers sont des hipsters

Autrement dit, une vision et un usage intelligents du genre que nous aimons. De quoi nous réconcilier avec un cinéma qui ces derniers temps, sacrifie trop souvent le fond sur l’autel de la forme. Et si un prix du jury à Cannes et deux Césars pour Persepolis, un fauve d’or à Angoulême pour Pinnocchio ou encore un prix de la découverte au Festival du film grolandais de Quend pour Villemolle 81 ne sont pas de nature à vous convaincre, regardez donc le teaser de Territoire pour changer d’avis. Et si vraiment, vous êtes toujours dans le doute, les huit raisons évoquées sur la page Ulule du projet devraient achever vos réticences :

1/ vous soutiendrez le premier film de genre béarnais
2/ parce qu’on en a marre de voir des films tournés dans des appartements
3/ vous apprendrez à vous servir d’une hache
4/ parce qu’on y évoque une guerre dont on ne parle jamais
5/ parce que vous aimez le fromage de brebis
6/ pour que les Parisiens découvrent qu’en Province les bergers sont des hipsters
7/ pour la beauté du geste
8/ pour voir Vincent Paronnaud (Winshluss) réaliser son prochain long métrage Cosmogonie

Le découvert bancaire est désormais votre seule excuse pour ne pas aider l’équipe, alors à moins d’être pauvre, on y va vite !

Merci à Alexandre Hervaud sur le Mouv‘ pour nous avoir fait découvrir ce teaser.

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